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Record: oai:ARNO:505871

AuthorW.L. Buning
TitleDe geologie van den Cimone di Margno en den Monte di Muggio
JournalLeidse Geologische Mededelingen
Volume4
Year1931
Issue1
Pages321-399
ISSN0075-8639
AbstractLe terrain étudié (fig. 1) est formé de roches métamorphiques pour plus de la moitié; le reste est formé de sédiments variant du Permien au Trias Inférieur, et de roches appartenant à la culmination éruptivocristalline du Cimone di Margno. Le relief du paysage présente en général des pentes douces. Au point de vue morphologique on trouve comme endroits intéressants: la Valsassina, qui est une ancienne vallée à glacier en partie comblée d'éboulis; les restes des vallées à glacier dans la Val Marcia et dans la Val Muggiasca; les deltas de déjection très étendus près de Dervio et de Bellano; et enfin 1’ ”Orrido” près de ce dernier endroit. Près de Taceno on trouva un exemple de déplacement de vallée. Sur le versant Sud du Margno le champ de blocs d'éboulis du Verrucano est remarquable par ses dimensions.
Quelques lignes tectoniques apparaissent elairement dans la topographie du terrain: la vallée de la Varrone, entre Premana et Pagnona suit exactement la limite entre les gneiss-chiari et les roches de paramétamorphisme.
Sur la culmination du Margno des fenêtres géologiques se formèrent par l'emport de la couche sédimentaire par la Rossiga, le Biagio, et la Marcia.
Il n'y a pas de transition graduelle de la ligne de partage des eaux entre la Val Varrone et la Val Pioverna, qui passe par la Cima d'Olino et le Cimone del-Margno, à celle du Monte di Muggio. L'interruption, qui est sans aucun doute en corrélation avec la construction tectonique du terrain, est encore beaucoup plus nettement visible sur le versant Nord du groupe de la Grigna.
Les modifications les plus importantes apportées par l'auteur aux cartes géologiques déjà existantes, consistent eu l'indication de Servino sur le Cimone di Margno, en des modifications de la limite Permo-Werfénienne, en le relevé de nombreux charriages sur le versant Sud du Muggio, en la délimitation des gneiss-chiari, et en le répérage d'un système d'imbrication dans la Val Marcia.
Les roches métamorphiques du terrain étudié appartiennent pour la plupart aux roches de paramétamorphisme. Celles-ci se subdivisent en: 1. Schistes et gneiss micacés à quartz et à feldspath; 2. Quartzites; et 3. Roches amphibolitiques.
D'une façon générale ces roches sont faciles à distinguer du groupe des gneiss-chiari, qui doit être considéré comme faisant partie des roches d'orthométamorphisme. Au microscope, ces dernières se caractérisent surtout par l'absence presque complète d'ingrédients mafiques et par leur structure en reliquat hypidiomorphe. La teneur en biotite, en chlorite ou en amphibole donne aux roches de paramétamorphisme une couleur plus foncée, et leur richesse en mica les rend plus schisteuses. Leur granulation aussi est en général plus fine.
Les formations cristallines de la culmination du Margno occupent une place spéciale: elles se distinguent surtout par leurs structures en crible ou poecilitiques frappantes. L'examen pétrographique des gneisschiari a démontré que l'on se trouve souvent devant des proportions très variables de quartz, de feldspath et de muscovite.
Les fenêtres de la Marcia, de la Rossiga et du Biagio présentent des roches éruptives. Elles sont du type abyssal et hyp-abyssal, dont font partie l'aplite, le granit, la granodiorite, la quartzdiorite, la diorite, la (q'uartz)porphyr(it)e et la kersantite amphibolique. Il ne se rencontra guère de formes effusives.
Les pseudo-tachylites trouvés sur un plan de charriage dans la Val Biagio sont très intéressants, de même que le granit en „peau de panthère"" de la Val Rossiga.
L'âge des roches éruptives est en tous cas Pré-Permien, quoiqu'il soit impossible de déterminer exactement le laps de temps pendant lequel l'intrusion a eu lieu. On vit d'abord se former une diorite biotitique ou amphibolique dense, finement grenue, et de couleur grise foncée, puis un magma quartzdioritique à granodioritique plus acide intruda, qui assimila en partie le premier, en absorbant également des fragments de substratum.
La majeure partie des roches de coagulation affleurant dans les fenêtres déjà mentionnées sont des quartz- ou des granodiorites. Leur examen au moyen du microscope à polarisateur, fut complété par une détermination quantitative des minéraux contenus au moyen de la platine d'intégration de Leitz. Quelques-uns des résultats obtenus furent insérés dans la fig. 1 et dans le tableau 2. On peut en conclure que les roches doivent provenir d'un magma riche en potassium et en silicium, caractérisé surtout par la teneur très faible en sodium.
Le sédiment le plus ancien que j'aie trouvé dans mon terrain est le conglomérat bien connu de Verrucano rouge à grès sernifitiques.
Il faut insister sur le fait que, dans les Alpes Bergamasques, le diamètre des galets erratiques de quartz et de porphyre dépasse rarement les 20 cm. Ceci plus spécialement, pour éviter des confusions avec les conglomérats du Collio.
En passant par de petits bancs de galets et des sables plus clairs, on quitte le Permien pour arriver dans le Werfénien Inférieur. Au bout d'une trentaine de mètres on passe aux marnes et aux sables bigarrés, avec par-ci par-là des couches de dolomites calcaires, du Werfénien moyen (250 m). Dans le Werfénien Supérieur je rencontrai une couche, épaisse de 20 m, de conglomérats qui n'ont encore jamais été décrits dans cet horizon. Les galets, qui peuvent atteindre jusqu'à 10 cm de longueur, sont surtout formés de quartz riche en tourmaline, mais on y trouve aussi du porphyre, quoique rare. Pour finir on rencontre une couche de ± 50 m de formations rouges et grises marneuses à quartzitiques, parmi lesquelles on voit apparaître un „Rauchwacke”. Le délavé du grès du Servino parait être d'un blanc très pur, couleur au moins aussi frappante que le brunjaune caverneux du „Rauchwacke” du Werfénien Supérieur. Je ne trouvai point de fossiles dans les dépôts décrits ci-dessus.
On trouva de nombreuses formations diluviales, entr'autres près de Portone et dans le bassin de la Maladiga. Cependant, elles font toutes l'impression d'avoir été transportées par l'eau de façon à ne plus être de véritables moraines.
On trouve également de nombreux galets erratiques, de même que des roches moutonnées et des stries glaciaires. Les mouvements de la glace au cours du Pleistocène eurent lieu dans la Val Varrone en sens Est—Ouest, mais dans la Val Muggiasca et dans la Valsassina en sens inverse. Près de Taceno s'y ajouta encore la partie qui, près de Pagnona s'était séparée du glacier de la Val Varrone. Les cônes d'éboulis et les deltas de déjection à l'embouchure des torrents et des rivières dans la Valsassina et dans le Lac de Côme, doivent être comptés parmi les dépôts alluviaux.
Sur le versant SW de la Valsassina, entre Cortenova et Parlasco, on trouve de la brèche d'éboulis récemment cimentée, contenant des fragments de roche de couleur jaune, souvent caverneux, et atteignant parfois jusqu'à un mètre de diamètre. Les minéraux utiles ne se rencontrent qu'en quantités minimes. Seule la roche quartzique à feldspathique de Cava di Feldspato est exploitée à l'usage de la verrerie et de la faïencerie.
Enfin les sources minérales de Tartavalle jouissent d'une certaine réputation, grâce à leur vertu médicinale.
Au point de vue de la construction, le terrain étudié peut être subdivisé en trois parties, à savoir: 1. Le Monte di Muggio. formé presqu'en entier de roches paramétamorphiques à schistosité plus ou moins verticale. Entre Inesio et Bellano ces roches charrient en un plan assez horizontal sur une large bande de gneiss-chiari. Vers le Sud, ces derniers disparaissent en plongeant sous le paquet des sédiments du groupe de la Grigna. 2. Le Cimone di Margno, formé surtout d'une culmination éruptivocristalline, recouverte au Sud par du Verrucano, au Nord par un surcharriage de gneiss-chiari et par des sédiments très fracturés du Permien et du Trias-Inférieur. 3. La zone située entre les deux sommets, caractérisée par une série de charriages dans le cristallin, charriages qui enserrent souvent des bandes de sédiments.
On a l'impression que la partie occidentale du terrain étudié a été déplacée de quelques centaines de mètres vers le Sud par rapport à la partie orientale. A l'aide de la carte et des coupes il a été fait une description géologique et tectonique détaillée du terrain.
Nous voyons ainsi que dans la Val Marcia de nombreuses écailles affleurent, qui, tant à l'Est qu'à l'Ouest sont surcharriées par des gneiss-chiari. La position des formations dans la fenêtre de Premana révèle que les forces tectoniques y ont agi en deux directions: du NE et du NW. Les gneiss-ehiari du Margno et du versant Est du Muggio doivent être considérés comme formant un tout. Les différences d'inclinaison et de direction trouvent leur origine en la contre-pression irrégulière de la culmination éruptivo-cristalline du Margno. Dans la fenêtre que forme le cours supérieur de la Manda, on trouve des restes de Verrucano qui forment un tout avec les dépôts Permo-Werféniens des environs de Sasso dirotto, Alpe Ombrega et Alpe Dolcigo.
Ces dépôts sont séparés tectoniquement de ceux de l'arête Margno—Cima d'Olino.
La culmination éruptivo-cristalline du Margno se poursuit vers l'Est par le Monte Foppabona et par Ornica. Vers l'Ouest elle plonge sous les roches métamorphiques du Monte di Muggio. Près de la Bocchetta d'Olino (sur la limite du terrain de Crommelin et du mien) seulement, je trouvai une continuation des fractures de la culmination dans la couche sédimentaire susjaeente. Au NE de Codesino, et au Sud d'Indovero, on trouve des petites érosions torrentielles remontantes où affleurent d'intéressants microcharriages du cristallin et de sédiments du Verrucano et du Trias Inférieur. De la ligne Indovero—Narro jusqu'à Tartavalle on ne trouve que des charriages de gneiss-chiari et de sédiments; l'absence des roches paramétamorphiques est marquante. Il est probable qu'une dépression dans le substratum près de Tartavalle a rendu possible une pénétration des gneiss-chiari si avant vers le Sud. J'ai intercalé une esquisse de cette région dans le texte, vu que la végétation luxuriante en rend la mise en carte très difficile. Par contre, dans la région entre Taceno et Bellano, la grand'route et la Pioverna fournissent de superbes affleurements. Des charriages nombreux et compliqués y sont nettement dévoilés.
La continuation de la faille Orobique vers l'Ouest est particulièrement intéressante. On la suit aisément jusqu'au village de Margno, mais au-delà elle se décompose en un faisceau de petits charriages orientés en sens NE—SW, qui continuent vers le SW entre Portone et Tartavalle. Entre Portone et Bellano ce n'est plus un surcharriage qui constitue la transition entre le cristallin et les sédiments. Ici en effet, du Permien recouvre des orthogneiss en contact anormal, vu les nombreuses surfaces de glissement. Dans cette zone, les orthogneiss forment un anticlinal peu prononcé dont l'axe est parallèle à la Val Muggiasca.
Les différences d'inclinaison et de direction des roches cristallines permirent une subdivision de mon terrain en cinq parties. Nous n'insisterons pas là-dessus, mais nous attirons l'attention sur le fait que le Servino de l'arête Margno—Cima d'Olino forme un tout avec les dépôts peu fracturés sur le versant SW de la Valsassina.
En outre une étude spéciale a été faite de la nature des charriages et des écailles. Quant à ces dernières, une modification fut apportée aux constructions suivies jusqu'à présent (cf. fig. 5).
En traitant du problème du substratum, l'attention est attirée sur le fait qu'en projetant des tectonogrammes il faut tenir sérieusement compte de dislocations dans le substratum, de culminations porphyriques, etc.. Dans tous les cas, et partout où le Servino fonctionne comme facteur de glissement, des plans de charriage se sont dessinés, tant sur la limite Verrucano-Werfénienne que de l'autre côté.
En outre, j'ai souligné l'importance de la présence de roches éruptives dans la culmination Orobique. En effet, elles consolidèrent le substratum de telle manière, que celui-ci put servir de tampon contre les sédiments et les roches métamorphisées venant du Nord.
L'imbrication des calcaires du groupe de la Grigna est supposée avoir pris naissance au cours de l'orogenèse alpine par des glissements de sédiments des terrains cristallins ascendants du Nord, mais encore avant que l'érosion pût avoir lieu, et par conséquent juste après où encore pendant la période d'immersion.
Il y eut des glissements primaires de dépôts mésozoïques supérieurs et moyens qui se déplacèrent très loin vers le Sud. Les sédiments triasiques glissèrent en même temps ou plus tard. Au cours de ces périodes d'imbrication, il ne se forma guère de zones de mylonites dans ces formations relativement molles. La présence de failles post-tertiaires, comme celle de zones de mylonites, doit être expliquée par une phase ultérieure de l'orogenèse, au cours de laquelle les charriages eurent lieu de préférence en suivant d'anciens plans de dislocation.
Le paysage tel qu'il s'est finalement constitué, s'est formé sous l'influence de l'orogenèse agissant au cours de l'époque tertiaire en combinaison avec une érosion violente et ininterrompue.
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